Je ne sais pas comment cela fonctionne chez toi, mais pour moi, quand je programme la semaine d’IEF, il y a la théorie et……. il y a la pratique ! Alors, concrètement, aujourd’hui je t’explique à quoi ressemble une semaine « réaliste » chez nous.
Parce que j’ai besoin d’avoir une visibilité dans la semaine, il faut noter que je prépare chaque dimanche un planning qui détaille ce qui sera prévu les jours suivants. Dans ce planning, je note par exemple les exercices à faire dans le cahier de maths, le matériel à utiliser pour travailler la grammaire … C’est un pense bête pour moi, un guide pour mes enfants.
Il est déjà arrivé que je commence une semaine d’IEF sans ce planning et clairement, c’est un peu la foire à la saucisse. Finalement, le planning me demande une petite heure de préparation le dimanche soir, mais il me permet de gagner davantage de temps dans la semaine qui suit ! Alors je me motive toujours à le faire, même quand je n’ai pas envie d’allumer le PC !
Et donc concrètement, notre semaine d’IEF réaliste …

Une semaine de 4 jours consécutifs.
La semaine d’IEF (j’entends par là les temps d’instruction formels, ceux qui sont faits à la maison) se fait sur 4 jours, du lundi au jeudi. C’est un peu contre intuitif, parce que bien souvent les élèves scolarisés n’ont pas école le mercredi qui est une journée vue comme une pause. Sauf qu’en IEF, nos enfants sont bien moins soumis au stress et à la fatigue. Ils n’ont pas forcément besoin d’une pause (sauf si l’agenda des sorties et des activités l’oblige).
En revanche, le fait de travailler 4 jours consécutifs permet d’éviter une cassure dans la semaine, avec la « difficulté » de s’y remettre le jeudi matin ! Chez nous, le week-end c’est donc le vendredi !
Il faut voir le vendredi comme une journée « joker ». C’est souvent ce jour là qu’on privilégie pour les sorties au musée, les sorties nature ou pour aller voir les copains non-sco. Mais aussi le vendredi c’est une option qu’on garde pour travailler de manière formelle si on a pris un peu de retard.
Un emploi du temps construit mais qui reste souple.
Le planning que je distribue aux enfants est un peu comme une feuille de route : elle leur permet de savoir ce qu’ils ont à faire et donc cela participe à les rendre autonomes (je parle ici de mes deux aînés. Pour Marius, 5 ans, il me sert surtout à moi ! Lui, il voit les cases cochées et donc la matinée qui touche à sa fin).
Mais pour autant, il n’est qu’un outil au service de notre IEF. Je veux dire par là qu’il ne contrôle pas notre journée et que le maître mot c’est « flexibilité » ! Et bien entendu, je m’adapte aux besoins de mes enfants et si une notion n’est pas comprise, alors on prend le temps de l’expliquer et tant pis si on grignote sur un item du planning. On le mettra à jour le lendemain et pour la semaine suivante.
C’est important je pense de bien avoir en tête qu’en IEF on n’a aucune obligation de transposer ce qui se fait à l’école, mais à la maison ! Bien au contraire, on n’a pas 28 élèves à gérer, on a la chance de pouvoir suivre le rythme de nos enfants, de ne pas insister sur une notion acquise, ou au contraire de développer une leçon plus fragile. Tout ce qu’on utilise au quotidien pour nous faciliter la tâche (planning, progression, manuels, cahiers …) ne sont là que pour nous aider, par pour nous diriger. Ils sont à notre service, pas l’inverse et il ne faut pas oublier d’apprendre à s’en détacher.
Combien d’heures d’instruction par jour ?
La première chose à savoir : en théorie, l’instruction dure 2h pour Marius (5 ans, niveau CP) le matin. Je dis « en théorie » parce qu’en vrai ce n’est pas le cas. Le profil de Marius fait que la concentration est laborieuse et que si je ne suis pas à côté de lui, il peut facilement faire vagabonder son esprit et oublier totalement ce qu’il est censé faire.
Cela me demande beaucoup de réflexion et d’organisation pour structurer les temps d’activités autonomes et les temps où je suis à côté de lui (et le recentrer si besoin – il en a souvent besoin). Ainsi, lorsque je fais la dictée aux aînés, je ne peux pas être à ses côtés, alors je dégaine un exercice sur tablette (ça, ça fonctionne vraiment bien ^^), un jeu de logique, une activité de manipulation.
Donc pour Marius, la journée n’est jamais organisée de la même manière : parfois on commence par de la lecture (quand les grands sont en autonomie), parfois par des maths ou des sciences … je suis obligée de réfléchir à la durée des activités ou des exercices, à leur réalisation en autonomie ou pas pour jongler avec les moments où les grands ont aussi besoin de moi !
Maman IEF = sport de haut niveau !!!
Du côté des grands (9 et 11 ans), l’instruction dure entre 2h30 et 3h le matin, et 1h30 l’après-midi. Le matin, la durée dépend s’ils ont pris leur temps ou pas ^^
L’organisation de la journée « type ».
Les journées d’IEF commencent vers 9h chez nous. Les enfants se lèvent entre 8h et 8h30 (parfois avant, mais ils aiment trainer au lit pour lire). Et on commence TOUJOURS par le quart d’heure « point actu ». Ils regardent des actualités adaptées à leur âge (j’en ai déjà parlé sur Instagram ou sur Facebook) et vraiment, pour rien au monde je ne reviendrai en arrière, car ce temps est vraiment LA porte d’entrée dans la matinée d’IEF.
Chaque jour, le matin, Zélie (11 ans) et Malo (9 ans) ont plusieurs exercices à faire en français, en maths et en langue vivante (anglais pour les deux + italien pour Zélie). globalement, l’organisation de la matinée est la même pour les deux, mais les supports et les notions varient forcément selon leurs niveaux respectifs.
En français : tous les jours on travaille la dictée (jour 1 à 3 c’est la préparation via de petits exercices, et jour 4 c’est le grand jour de la dictée !!!). Ensuite, 3 jours sur 4 ils ont un rituel de « jogging d’écriture » qui dure une quinzaine de minutes. Malo enchaîne sur des exercices d’étude de la langue ou des analyses de récits (récemment il a travaillé sur la Rivière à l’Envers). Du côté de Zélie, on travaille le français autrement, à travers des thématiques et soit une oeuvre complète, soit des corpus de textes à lire et à analyser. Par exemple, en ce moment elle travaille sur le thème de la poésie et plus principalement de la place du chat dans la poésie. J’ai donc sélectionné des poèmes variés, elle a des questions de compréhension et de réflexion, mais aussi des exercices d’étude de la langue (la différence entre l’adjectif épithète et l’adjectif attribut du sujet, les valeurs du présent, la découverte des figures de style). De cette manière, les leçons d’étude de la langue sont vraiment rattachées à ce qu’elle étudie, ça a plus de sens. De plus, dans ces grandes séquences, la priorité est donnée à l’écriture créative et à la production écrite (longue et courte, parce qu’on ne travaille pas les mêmes choses).
En maths : tous les jours il y a les rituels : une colonne de multiplications (grâce au livret d’entraînement), du calcul mental/automatismes et l’an prochain je vais ajouter un problème. Puis, ils travaillent les notions du programme en cours (CM1 pour Malo, 6ème pour Zélie). Enfin, chaque jour, il ont aussi une thématique mathématique (la géométrie, Scratch, résolution de problèmes et jeux de logique) pendant quelques minutes.
En anglais, jusqu’à présent, je tâtonnais, mais grâce au webinaire de Marion (@livrespourpetiots), je pense avoir trouvé un système qui me/nous conviendra avec la mise en place de projets sur quelques semaines. L’objectif est de travailler avant tout le lexique et l’oral. On fait de l’anglais tous les jours. 15 minutes par jour, sauf une journée où il y a un créneau de 1h pendant lequel on va plus loin. Concernant Zélie qui est dans un niveau collège, on commence à utiliser davantage l’écrit et chaque semaine elle lit un livre en anglais. Avec Marius (5 ans je le rappelle), priorité est donnée à l’oral et on fait quelques petits jeux rapides plusieurs fois dans la semaine pour ne pas perdre sa concentration.
Je ne peux pas vous parler d’une semaine « réaliste » d’IEF sans vous parler de moi !! Car pendant ces 2h30-3h chaque matin, je n’ai absolument pas le temps de me poser. Telle une petite abeille, je virevolte de fleur en fleur pour plutôt d’enfant en enfant, répondant à une question de grammaire par-ci, expliquant une notion sur les fractions par-là tout en essayant comme je peux de faire en sorte que mon petit fixe sa concentration sur l’activité du moment, en espérant que ça ne prendra pas 45mn !
Et en parallèle ? Je prépare le repas parce qu’il faut nourrir les troupes ! Donc quand j’élabore la liste des menus de la semaine, je veille à choisir des recettes qui ne me demandent pas trop de préparation et qui cuisent toutes seules (vive les légumes au four par exemple).
L’après-midi est consacré à mes deux grands : l’histoire/géographie/histoire de l’art/EMC selon le dossier en cours (en ce moment c’est géographie) pendant 45 minutes, puis aux sciences pour 45 autres minutes. Les temps sont donnés de manière indicative. Il arrive souvent qu’on déborde parce qu’on ne va pas se mentir, mes enfants sont bien plus enthousiastes à l’idée de découvrir la Mésopotamie ou de comprendre le rôle des espèces clés de voute qu’à faire de la conjugaison ou des fractions !!! D’où le fait que ces matières ont lieu l’après-midi, pour nous laisser plus de temps. En vrai, c’est un moment récréatif pour nous.

Et après l’IEF ?
En règle générale, la journée d’IEF termine à 14h30-15h selon l’heure à laquelle on s’y est mis après le repas. Mais bien souvent, ce temps est prolongé, mais de manière autonome pour mes grands : ils veulent faire des recherches complémentaires, lire un livre en rapport, faire un bricolare en lien avec le sujet du moment, préparer leur exposé …
Mais là je suis ferme : sauf cas exceptionnel, le reste de l’après-midi est consacré à mon travail et donc ils doivent se débrouiller seuls (ou attendre que j’ai fini de bosser). L’IEF c’est ça aussi : des compromis pour que chacun y trouve son compte et je pense qu’il est important, sinon nécessaire que les parents aussi aient du temps pour faire ce dont ils ont envie.
Cependant…
Ouai, il y a toujours un « mais » avec moi ! J’ai un petit garçon de 5 ans qui n’a pas encore bien intégré le principe de « on laisse maman bosser et on joue TRANQUILLEMENT dans son coin » ! Donc soyons honnêtes, je passe quand même une grande partie de mon après-midi à lui rappeler que je suis en train de travailler et que non, je ne peux pas reconstruire ton Lego-je ne peux pas construire une fusée en playmag-je ne peux pas te dessiner une grenouille-je ne peux pas faire une charlotte aux fraises parce que tu en as envie (raye la mention inutile..ou pas).

Le système que j’ai trouvé qui fonctionne bien mais que j’utilise de manière exceptionnelle (pour garder l’effet « nouveauté ») c’est la bougie : j’allume une bougie et je dis « tant que la bougie est allumée, je ne veux pas être dérangée, j’ai besoin de rester concentrée ». C’est assez visuel, je le fais quand j’ai une visio, ou que je dois faire un truc qui me demande une grande concentration et quand j’ai fini, je l’éteins.
La fin d’après-midi est souvent synonyme de Maman-Taxi au vu des nombreuses activités des enfants. En fait c’est simple, c’est tous les jours : le lundi je dépose Malo au tir à l’arc puis Zélie à la gym. Le mardi nous accompagnons Malo au solfège. Le mercredi Malo a piano pendant que Marius est à l’éveil musical. Le jeudi je dépose Malo au badminton puis Zélie à la gym. Le vendredi je largue tout mon petit monde au centre social (et je souuuuuuuuuffle pendant 1h) et le samedi matin, Zélie entraîne les petits à la gym pendant que Marius est au judo !
Mon mari rentre le soir vers 18h30 et il prend le relais : il récupère les enfants aux sports les lundis et jeudis, il prépare le repas et s’occupe de la douche de Marius (les grands se débrouillent).
Clairement, j’ai besoin de ce relais parce que ma journée se déroule non stop depuis 7h le matin jusque 18h30. Alors je n’ai plus de jus et parfois, souvent, plus de patience non plus.
Pour conclure …
L’IEF est une merveilleuse aventure. Je m’épanouis clairement dans ce mode de vie, dans ce projet familial. Mais je ne vais pas te mentir : c’est éprouvant, énergivore et chronophage !
Je mets en place beaucoup de choses pour faciliter notre organisation, alléger ma charge mentale et continuer de jongler entre ma casquette de maman instructrice et celle de maman entrepreneure car ces deux rôles sont essentiels pour moi !
Mais jamais je ne prétendrai que l’IEF c’est facile, que l’IEF c’est comme sur des roulettes, d’où l’importance pour moi de vouloir montrer aussi comment ça se passe « de l’autre côté », ce que je ne montre pas forcément sur les réseaux, mais qui pourtant fait partie de la réalité de terrain.
Et chez toi, comment se passe une semaine réaliste d’IEF ? J’ai hâte de te lire en commentaire !
Elodie
Maman Instructrice fatiguée mais heureuse !


Merci pour ce partage, je trouve cela super intéressant d’avoir un aperçu de votre organisation !
Chez nous, pas d‘IEF (mais un peu de coschooling pour mon grand de 4 ans) – j’ai appris récemment que ce n’était pas autorisé en Allemagne où nous habitons. Pourtant ce serait bien quelque chose qui me tenterait !
Oui malheureusement l’IEF n’est pas une possibilité dans de nombreux pays d’Europe … Mais peut-être que le système éducatif allemand est plus respectueux des enfants que ne l’est celui de la France ?